5 jours de trek, 6 amis, 4400m de dénivelé positif, 3 sommets (presque 4), de la sueur, de la fatigue, des lacs à gogo et les yeux qui pétillent… Voilà comment résumer en quelques mots l’expérience pyrénéenne !
L’aventure commence lorsque l’on se perd… (mais on ne s’est pas trop perdu quand même…)

Nous sommes mardi 4 août. Seulement deux jours que je suis rentrée en terre clermontoise et la montagne me manque déjà : la sérénité, la déconnexion, le plaisir des choses simples, des nuits en pleine nature, des fou rires avec les copains. Rien à penser, rien à espérer, seulement profiter du cadre incroyable et de se retrouver ensemble dans cette intimité naturelle.
Bref, que s’est-il passé pendant ces 5 jours me demanderez-vous ? Nous avons suivi le tracé prévu presque à la lettre : pas de grosses surprises, de changement radical d’itinéraire, tout a presque roulé comme sur des roulettes.
Revenons jour par jour en images et en mots sur cette aventure.
J1 – Let’s go on the road !
1490mD+ 350mD-
11 km
6h de marche
Difficulté + + + + +
Brian, Nefis et moi-même arrivons la veille au soir depuis Clermont-Ferrand au camping de la Ribeire à Barèges où nous rejoignons Camille et Fifi. Nous sommes accueillie par une humidité persistante qui fini par se transformer en averse. Nous croisons les doigts pour que ça ne présage pas de ce qui nous attendra pendant 5 jours.
Marianne nous retrouve le jour J à 7h15. L’équipage au complet est ainsi prêt à prendre la route.
Nous montons en voiture jusqu’au parking du Lienz devant le restaurant Chez Louisette (qui nous fera saliver durant les 4 jours suivant). Nous chargeons nos sacs. 14kg de bonheur à mettre sur le dos pour ma part. Je ne suis toutefois pas à plaindre quand certains d’entre nous porte jusqu’à 21kg…
8h15, top départ ! Le ciel voilé nous permet de profiter d’un semblant de fraîcheur pour cette première montée jusqu’au premier lac du trek : le lac de Glère situé sous le refuge du même nom.
Du refuge nous continuons notre chemin jusqu’au Lac det Mail où nous décidons de pique-niquer.
Nous pique-niquons les yeux rivés sur le ciel au-dessus de nous qui devient de plus en plus menaçant. Une goutte, deux gouttes… Il est temps de plier bagage et de se remettre en route après avoir enfiler gortex et housse de sac. Finalement plus de peur que de mal, l’orage n’éclatera pas !
Après 4h30 de marche nous arrivons à notre camp de base de la nuit, j’ai nommé le lac anonyme juste en dessous du lac bleu à 2600m.
Depuis le lac det Mail, nous sommes entrés dans le Parc National des Pyrénées. La réglementation veut qu’il est autorisé de bivouaquer mais seulement entre 19h et 9h du matin et tout feu est interdit. Malgré tout et pour faire sécher nos tentes humides de la nuit précédente nous montons le campement un peu plus tôt que prévu. Le groupe se scinde alors en deux. Fifi, Camille et Brian restent se reposer et se baigner au lac. Nefis, Marianne et moi continuons le programme initialement prévu et entamons l’ascension du Turon de Néouvielle à 3035m.

Nefis et Marianne on the top ! 


Le Turon vu du lac Bleu
Au cours de la descente nous rencontrons 3 lagopèdes alpins. Souvenez-vous ce sont ces drôles de perdrix des neige que j’avais déjà croisées au Trou de la Mouche dans les Aravis. Plusieurs chèvres crapahutent également dans les rochers. Nous les prenons tout d’abord pour des isards avant de nous rendre compte qu’elles sont toutes marquées.

Les isards sont de plus petite taille que les chamois et leur coloris varie entre été et hiver.
En savoir plus
Nous rejoignons le campement et nos trois compères pour une soirée sous le signe de repas liophilisés, de jeux de carte et de l’observation de madame la lune et des étoiles filantes. Nous ne verrons malheureusement pas Neowise, la comète observable actuellement.
J2 – Cap sur le Pic de Néouvielle !
650mD+ 1480mD-
12 km
6h30 de marche
Difficulté + + + + +

Levés 7h pour une longue journée de marche. Nous entamons le trajet par une partie hors sentier jusqu’à la brèche de Chausenque. La montée est rude lorsque l’on porte du poids avec quelques passages « péteux », les cailloux roulent sous nos pieds. Nous conservons une certaine distance entre nous pour éviter d’en recevoir sur la tête et nous restons bien sur le côté droit le long de la parois où l’accès est plus facile et moins glissant.
Arrivés au sommet nous voyons enfin l’autre côté et ce qui nous attends pour les jours à venir. Le paysage est à couper le souffle ! A partir de ce point là nous entrons dans la Réserve Naturelle de Néouvielle.





Nous ne nous attardons toutefois pas trop longtemps, le plus dure étant encore devant nous. Nous redescendons une centaine de mètres et nous nous allégeons du poids de nos sacs en les cachant près d’un cairn dans un pierrier. Je garde uniquement dans mon sacs les coupe-vent de ceux qui veulent et de quoi nous hydrater.
Revigorés par un petit goûter, allégés et motivés nous rejoignons la trace laissée par d’autres randonneurs dans la montée enneigée qui nous conduira au sommet du Pic de Néouvielle. La montée dans la neige est raide mais progressive. Nous rejoignons rapidement des gros blocs de pierre au milieu desquels des cairns nous indiquent la route à suivre. Nos mains sont plus que mises à contribution pour évoluer dans ce cimetière de cailloux géants. Marianne, notre chamois à nous, crapahute loin devant et nous attendra au sommet.
L’itinéraire est très fréquenté mais nous avons la chance d’arriver en haut et de ne rencontrer que deux, trois randonneurs. Heureusement, le sommet est étroit et il ne faudrait pas être plus nombreux.
La redescente est l’occasion d’observer les différentes techniques de chacun pour évoluer avec style sur la neige : en mode glissade sur les pieds, sur les fesses, accroupis, bref l’essentiel est d’arriver en bas !
La descente qui suit est éprouvante, très éprouvante pour certains. Le Soleil de plomb et la chaleur qui l’accompagne ont raison de notre enthousiasme. La fatigue se fait ressentir. Arrivé au lac d’Aubert nous avons tous besoin d’une pause et de profiter de l’ombre et de la fraîcheur de l’eau.
Ni une, ni deux, nous nous délectons d’une baignade bien méritée et rechargeons nos gourdes et poches à eau. Toutefois, il nous reste encore un bon bout de route à parcourir et nous devons absolument sortir de la réserve naturelle pour pouvoir bivouaquer où bon nous semble. 1h30 plus tard, revigorés et près à en démordre nous nous dirigeons vers le col d’Aumar.

Depuis le col d’Aumar 
Lacs d’Aubert et d’Aumar 
Le pic de Néouvielle depuis le lac d’Aumar
Au col, nous croisons un garde de la Réserve Naturelle qui nous demande où nous allons et nous nous arrêtons quelques minutes pour discuter avec lui. Nous apprenons alors que dans la Réserve nous pouvons observer la plus haute forêt de pins à crochets de France.
Les pins à crochets sont les plus anciens pins survivants de l’ère glaciaire. Ils sont majoritairement présent à l’étage subalpin (entre 1600 et 2200m), voir dans le réserve de Néouvielle jusqu’à 2600m, où ils trouvent les conditions favorables à leurs développement. Une fois mort ils peuvent rester très longtemps sur pieds avant de tomber. Ce qui donne ces paysages incroyables à la Tim Burton.
En savoir plus sur les pins à crochets
Le garde nous indique également un sentier qui a été tracé récemment et qui n’apparaît pas sur la carte IGN. Nous suivons donc ses conseils et progressons dans cette étonnante et incroyable forêt de pins jusqu’à ce que le chemin se fasse de plus en plus timide… Commence alors une partie de « bartassage » (autrement dit de hors sentier) entre les genévriers, les myrtilliers et autres plantes qui entravent quelque peu notre descente. Les jambes, les genoux et les pieds sont déjà bien fatigués et pour certains cette dernière descente jusqu’au lac de l’Oule ressemble à un supplice.
Nous arrivons à 19h30 sur l’ère de bivouac, il est plus que temps de monter le camps et de se reposer. Je suis fière de mes acolytes qui malgré les difficultés du jour et la chaleur gardent le moral et la motivation pour les journées à suivre. Je leur promet une étape facile et courte pour le lendemain.

J3 – Reposant GR10 et 3ème sommet !
867mD+ 606mD-
10 km
5h de marche
Difficulté + + + + +
3ème jour, le corps s’habitue à l’effort. Il faut dire que nos séances d’étirements chaque soirs aident à limiter les courbatures. Nous partons tôt pour éviter les grosses chaleurs telle que celle vécue le jour précédent. A 7h30 l’équipée se met en route en direction du refuge de Bastan.
Le sentier est facile, bien tracé, c’est un plaisir pour les pieds et les genoux ! Comble du bonheur cette étape qui suit le GR10 puis le GR10C est un régal pour les yeux. Nous passons du monde minéral à un monde végétal et beaucoup plus verdoyant comme aperçu lors de la descente dans la forêt de pins à crochets la veille.
Le refuge de Bastan perché sur son caillou est vraiment plein de charme. Evidemment qui dit refuge et qui dit GR10, dit plus de monde. Toutefois, c’est avec plaisir que nous nous accordons notre première pause et que nous commandons un « vrai » café accompagné pour quelques uns d’entre nous de quelques bières qui seront consommées ultérieurement (il est quand même 9h du matin…).

Cap sur le col du bastenet à présent où, Camille fatiguée des jours précédents, décide de nous attendre pendant que nous entamons l’ascension allégés encore une fois du poids de nos sacs. Marianne décide de se challenger en allant le plus vite possible. Notre petit chamois fera l’ascension en 12 minutes nous suivrons quelques minutes plus tard avec Nefis en 19 minutes.
Panorama à 360° au sommet. Il est vraiment motivant de voir tout le chemin parcouru jusqu’ici. C’est également l’occasion d’analyser l’un des passages en hors sentier envisagé pour le jour suivant : la descente en pierrier via la hourquette de Bracque. D’ici ça ne semble pas impossible.
Au sommet, nous croisons un groupe que nous avons déjà aperçu au refuge de Bastan. Ils sont accompagnés par un accompagnateur espagnol avec lequel j’échange quelques mots sur sa formation, son statut et l’itinéraire prévu avec son groupe.

Nous redescendons en courant jusqu’au col et repartons en direction du lieu de notre bivouac du soir : le lac de Gréziolles. Nous arrivons tôt, aux alentours de 14h et apprécions de nous délester dans les eaux du lac. Nous installons un campement digne de ce nom.
Marianne, Brian et Nefis entament une cueillette de myrtilles pour l’apéro du soir. De mon côté je longe le lac pour tenter de trouver un passage en dehors du GR10 pour le lendemain. Ce ne sera pas possible. Face à moi se dresse Pène nègre, l’itinéraire du jour suivant doit passer dans les grands pierriers à ses pieds. Est-ce que ce sera jouable ? Ne vais-je pas conduire mes compagnons dans une impasse ? Nous tenterons et si nous devons faire demi-tour nous le ferons.
Sur ces interrogations, je retourne au campement pour un petit apéro « made in trek » : pain, saucisson, myrtilles, bières, coca. Un vrai festin !

J4 – Prêts pour « bartasser » ? Un, deux, trois… partez !
950mD+ 730mD-
10 km
7h de marche
Difficultés + + + + +
Bartasser ? Un qualificatif employé dans le milieu de l’outdoor pour dire « faire du hors sentier ». N’étant pas familière de ces termes avant de me lancer dans ce projet j’avais cru entendre « bartabasser » et finalement je trouve ce dernier terme plus sympathique et plus adapté parce que que ça « tabasse » souvent lorsque que l’on « bartasse » !
Nous quittons le campement comme à notre habitude autour de 7h30 pour continuer sur le GR10C jusqu’au barrage du lac de Gréziolles que nous traversons. C’est là que tout commence !

Nous commençons à gravir ce pierrier imposant que vous voyez sur la photo ci-dessus. Il semble impressionnant mais finalement il est composé essentiellement de gros blocs de pierre relativement stables sur lesquels nous jonglons jusqu’à rejoindre une pente herbeuse quasiment à son sommet qui part vers le Sud. Nous adoptons alors la technique du « cap » pour progresser par étape et s’attendre les uns les autres : « cap sur ce cailloux rouge à 300m, sur ce sapin etc. » Nous analysons ainsi au fur et à mesure de notre avancée les passages les plus adéquates tout en conservant grâce à la carte la direction que nous devons suivre. La progression est lente : le poids des sacs cumulé à l’absence de sentier et la raideur de la pente à certains endroits n’aident pas à avancer rapidement. Il nous faudra près de 4h pour arriver sur la crête à proximité du Pic de Cloutou, à 2500m, où nous croisons nos amis les isards qui nous épatent une nouvelle fois par leur agilité.
La pause pique-nique au sommet est bien méritée. Nous trouvons un endroit à l’abris du vent qui se met à souffler violemment. Le ciel ne m’inspire pas beaucoup et j’invite les copains à se sustenter rapidement afin de ne pas tarder au sommet et descendre rapidement au lac de Bastan au cas où le temps voudrait tourner à l’orage… Nous longeons alors la crête vers l’Est pour trouver un passage plus adéquate et rejoindre ainsi la Hourquette de Braque. Comparé à ce que nous venons de vivre la descente jusqu’au lac est presque facile.
Nous prenons le temps de faire un café, pour certains de se baigner et nous entamons la deuxième partie de la journée sur sentier cette fois jusqu’à la cabane d’Aygues Cluses via la Hourquette Nère. Encore et toujours des lacs à perte de vue ! La vallée d’Aygues Cluses est splendide, il y a de l’eau partout.

Aygues Cluses 

Lac de Bastan depuis la Hourquette Bracque 
Pic de Bastan depuis la Hourquette Nère
A partir de la cabane nous bifurquons vers le sud-ouest pour rejoindre le GR10 et entamer la montée finale jusqu’aux lacs de Madamète où nous passerons notre dernière nuit.
J5 – Rendez-vous chez Louisette !
450mD+ 1250mD-
10,8 km
5h de marche
Difficulté + + + + +
Le réveil est presque triste ce matin : la brume recouvre tout, les tentes sont trempées et surtout… c’est le dernier jour, le dernier petit déjeuner, les derniers instants loin de la civilisation.
Toutefois le moral est au beau fixe puisque la veille au soir Nefis a réussi à réserver une table Chez Louisette. La perspective d’un bon repas bien gras et copieux nous enchante.
La brume fini par se lever avant que nous quittions le campement et nous sommes une bonne partie du trajet au dessus de la mer de nuages. C’est à partir du lac det Coubous que les nuages gagnent du terrain et nous finissons par être complètement ensevelis par une humidité persistante ce qui me vaudra une petite glissade sur les fesses.
Malgré qu’elle est été redoutée de tous, la descente se fait bien et progressivement jusqu’à attendre le parking du pont de la Gaubie. A partir de là, l’itinéraire prévu zigzag au milieu des pistes de ski et d’un sentier de VTT de descente où une course est en cours. C’est dans ce décor improbable que nous rencontrons 4 ou 5 marmottes, telles les gardiennes de ce lieu pourtant bien aménagé par les mains de l’homme. Les sentiers ne sont pas très nets et nous finissons par longer les remontées mécaniques dans une herbe haute et mouillée jusqu’à rejoindre la route goudronnée qui nous conduira jusqu’à la tant espérée Louisette au parking du Lienz !
Miam, miam nous nous régalons et je recommande vivement cette très bonne adresse.
C’est ici que l’équipée de 6 se scinde en 3 et chacun reprend la route de son foyer où une douche chaude et un lit moelleux l’attend ! Faire un trek en montagne a le pouvoir incroyable de vous faire apprécier les moindre petits plaisirs de votre quotidien.
Ce n’est qu’un au revoir… La montagne appelle continuellement ceux qui sont tombés sous ses charmes !
Merci Nefis, Brian, Marianne, Fifi et Camille de m’avoir suivi dans cette aventure !
Au delà du trek ce sont mes amis qui me donnent le courage, la force et la détermination de poursuivre le chemin de cette reconversion professionnelle ! Sans eux, sans leur soutien, sans leurs encouragements je n’irai pas bien loin.
To be continued…















































Un avis sur « Pyrénées mon amour ! »