Depuis fin août j’ai passé la frontière Suisse pour découvrir le travail en refuge ; chronique d’un mois à 1550m d’altitude à Bonaveau (Champéry).

Refuge de Bonaveau au pieds du Mont Ruan – 1550 m 
Je n’avais pas vraiment prévu de vivre cette aventure suisse. Le hasard de la vie en a décidé autrement…
Mi-juillet je regardais par curiosité les annonces publiées sur le site refuges.info. Je tombe alors sur celle de Christine, gardienne du refuge de Bonaveau sur la commune de Champéry. L’annonce succincte, mentionnait simplement le fait qu’elle cherchait quelqu’un disponible dès que possible pour travailler à la buvette.
Toujours par curiosité, je regarde où se situe Champéry : sur le tour des Dents Blanches côté suisse. Ces mêmes dents que j’avais pu admirer depuis le lac de la Vogealle quelques mois plus tôt côté français. N’attendant rien de particulier j’envoie un mail pour savoir si elle est toujours à la recherche de quelqu’un.
Sur ces entrefaites, je prépare notre trek dans les Pyrénées et j’oublie quelque peu cette annonce. Le dimanche 2 août nous rentrons des Pyrénées bien fatigués par l’aventure que nous venons de vivre et après 5 jours de déconnection je consulte mes mails. Surprise, le jour même Christine m’a répondu pour me dire qu’elle cherche toujours quelqu’un et elle me demande si je suis toujours intéressée pour venir jusqu’au 25 septembre. Ni une, ni deux (et toujours sans trop réfléchir) je réponds que je le suis mais que je ne pourrais commencer à travailler qu’à l’issue du stage prévu avec Auvergne’Attitude fin août. Je n’ai pas trop d’espoir que les dates colles avec ses besoins. Et pourtant après un temps de réflexion elle accepte sans me demander aucun CV, ni prendre le temps de discuter de mes éventuelles compétences.
Etonnée je me demande ce qui va m’attendre là haut… L’occasion est toutefois trop belle pour refuser. Mon expérience dans ce domaine est équivalente au néant. Je vois donc comme une chance cette opportunité qui se présente de mettre un pieds en refuge et qui plus est en Suisse !
Je chamboule tous mes plans d’excursions montagnardes prévues en septembre et accélère le rythme pour boucler mon dossier d’inscription pour le CQP escalade à Toulouse qui doit débuter le 5 octobre ; ce qui signifie terminer mes heures d’encadrement à B’UP, passer le passeport bleu qui me dispense d’aller aux tests techniques et prendre ma licence à la Fédération Française de Montagne et d’Escalade (FFME).
Je ne sais pas à quoi m’attendre, je ne sais pas combien nous sommes à travailler, je n’ai aucune idée de si j’aurais des jours de repos. Bref, je pars à l’inconnu et nous verrons bien une fois sur place.
Nous sommes le 16 septembre et je boucle cette nouvelle expérience dans un peu plus d’une semaine. Je ne regrette à aucun moment d’avoir pris la décision de tenter l’aventure. La fin de saison se faisant sentir, le rythme était loin d’être aussi soutenu que ce qu’ils ont pu vivre entre le 15 juillet et le 15 août. D’autant plus que nous sommes quatre (en comprenant Christine la gardienne) à travailler toute la semaine afin de nous relayer pour les jours de repos. Et oui chaque semaine j’ai eu deux jours de congés : le grand luxe !
Je travaillais 45h par semaine (parfois plus, parfois moins en fonction de l’affluence). Et comme je l’imaginais en refuge l’on s’occupe de tout : ménage, cuisine, service… Tous les jours nous nous répartissions les tâches quotidiennes : l’ouverture et le service des petits déjeuners, faire les délicieuses tartes cuites au feu de bois, vider les poubelles, faire les dortoirs, préparer la mise en place pour le service du midi etc.
Le refuge est à 20 minutes à pieds d’une piste carrossable qui facilite grandement le ravitaillement grâce à la super brouette à moteur de Christine. En début de saison et deux à trois fois par la suite l’hélicoptère transporte les filets avec les provisions les plus lourdes.
Les pauses, lors des moments les plus calmes, m’ont permis de crapahuter dans les montagnes environnantes pour mieux découvrir les environs et me sentir mieux à même d’orienter les randonneurs ou de répondre à leurs interrogations.
Les plats proposés étaient essentiellement à base de fromage et de charcuterie sans oublier les bolets et les chanterelles cueillis fraîchement dans la forêt environnante. J’ai ainsi pu perfectionner mes connaissances dans ce domaine.




Au milieu de la forêt les fourmis rousses s’activent 

Non, définitivement je ne regrette pas cette expérience. J’espère même qu’elle pourra m’ouvrir d’autres portes et me permettre de continuer à travailler en refuge. Certes, l’isolement n’est pas toujours facile : vivre et travailler dans le même cadre en continu peut-être par moment lassant surtout quand les clients ne se bousculent pas au portillon. Toutefois, l’environnement, la simplicité, la convivialité et les rencontres que l’on fait n’ont pas de prix.
Alors qui sait… peut-être que je retournerai à Bonaveau ou encore plus haut, toujours plus haut, encore plus isolée au coeur d’une montagne parfois hostile mais toujours impressionnante.










Un avis sur « S’isoler (ou presque) en refuge »